Archives de la lettre d'information de l'Institut Saint-Jean, La lettre et l'Esprit.
La lettre et l'Esprit 3 (III-2013)
Éditorial de Daniel Lossky, professeur à l'Institut
Éditorial de Daniel Lossky, professeur à l'Institut
Le crépuscule des fêtes de la
Manifestation du Sauveur se confond avec l’aurore des fêtes pascales. Ce temps
est l’occasion d’approfondir le sens des théophanies: nous proposons, dans ce
numéro, des extraits du discours sur les saintes théophanies, attribué à saint Hippolyte de Rome
(3e siècle). Ce texte patristique, probablement largement remanié ou
intégralement rédigé à l’époque byzantine (6e-9e siècle),
se présente comme une exhortation à recevoir le baptême, il rappelle comment
celui-ci par la filiation à Dieu, procure une totale libération de l’être. Il ne s’agit
donc pas simplement d’envisager le baptême comme un évènement ponctuel ne
concernant que ceux qui désirent entrer pleinement dans la communauté
ecclésiale, mais il est mis ici en lien direct avec l’œuvre de salut accomplie
par le Christ. Cela montre que l’engagement du baptême est un processus continu
qui exige une vigilance permanente pour se remettre sans cesse dans la
perspective de l’incorporation au Christ.
De plus, ce renouvellement
de la nature créée est une œuvre à travers laquelle Dieu se communique aux
hommes. Dieu révèle alors qu’il est capable d’une véritable communion avec sa créature,
dévoilant ainsi un trait intime de son être: la vie trinitaire. Le caractère trinitaire
de Dieu est préalable à la réalité du salut: tout comme il expérimente l’altérité
dans sa propre Essence, Dieu s’unit pleinement aux hommes; sans cela l’union de
la divinité avec le créé ne serait que superficielle ou illusoire. Les cieux s’ouvrent
pour laisser entrevoir le mystère de la vie des Trois Personnes et, dans cette
manifestation, chaque personne témoigne en faveur des deux autres, révélant
ainsi l’unique divinité qui se maintient en vie par la dynamique de son amour.
Enfin, à travers la vie de Gudule, la célèbre sainte belge,
Jean Hamblenne montre comment ce projet divin peut se réaliser en divers lieux
et circonstances, selon des modalités originales pour chacun.
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Éditorial de Daniel Lossky, professeur à l'Institut
La clôture de cette première
session de l’année académique 2012-2013 coïncide avec l’accomplissement des
solennités pascales et avec la célébration de la Pentecôte. Nous entrons
maintenant dans une nouvelle ère, celle de l’effusion de l’Esprit. Par la
manifestation de l’Esprit dans le monde, la joie pascale se fait plus
intérieure, mais elle est appelée à rayonner autour de nous. La réception et
l’appropriation du don de l’Esprit fait de chacun de nous des christs – des
messies, des oints –,
consacrés pour faire entrer la création entière dans la vie de l’unique Christ,
« à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2,11).
Comme l’explique le père Grégoire
Papathomas, ce mystère de l’incorporation au Christ s’identifie avec le mystère
de l'Église qui est à la fois attente et anticipation du Royaume. L’entrée dans
l’histoire humaine d’une réalité qui la transcende devient source de témoignage
et d’unité. Elle permet de « rassembler les enfants de Dieu » qui,
sans elle, sont « dispersés » (Jn 11,52). Cela implique une structure
de l’assemblée qui vit de cette unité et, par-là, en fait une image (ou icône)
des réalités à venir.
De plus, dans son habilité à nous
introduire dans ce mystère, l'Église, en faisant succéder à la Pentecôte la
mémoire de tous les saints, établit un lien direct entre l’accomplissement de
l’œuvre de salut du Christ et la vocation de sainteté de tout homme. Comme le
rappelle l’Apôtre, Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et
parviennent à la connaissance de la vérité » (1Ti 2,4), cette
vocation d’entrée dans la vie divine ne connaît donc pas de limites, bien que,
pour assurer sa pérennité dans le temps et la société, l'Église se soit dotée
de frontières visibles. Jean Hamblenne propose donc ici de méditer sur une
figure de sainteté, saint Arnould le Fort, qui s’est manifesté dans un contexte
ecclésial discutable du point de vue des frontières de l'Église, dans le sens
le plus strict que l’on peut donner à celles-ci.
L’avènement de l’Esprit qui ouvre à tout homme la
possibilité d’être éclairé par le Christ, replace ainsi devant l’une des tâches
majeures de la théologie : par le don de la liberté qui découle de la
communion au Christ, les croyants sont rendus responsables de se mettre à
l’écoute du monde, si déchu et révolté soit-il, pour sans cesse l’abreuver de
l’eau vive de l’Esprit dont il est secrètement assoiffé.
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La lettre et l'Esprit 1 (I-2013)
Éditorial de Daniel Lossky, professeur à l'Institut
Éditorial de Daniel Lossky, professeur à l'Institut
Ce premier numéro du bulletin d’information de notre Institut, La lettre et l’Esprit, coïncide avec sa 15e année d’activité. Cet anniversaire est l’occasion de revenir sur les origines de l’Institut. L’un des pionniers de l’enseignement de la théologie orthodoxe en Belgique, le professeur P. Yannopoulos, nous propose pour ce faire une page d’histoire. Il y retrace les étapes de la création de l’Institut, montrant comment le centre de formation des origines est ensuite progressivement devenu un modeste institut de théologie académique, proposant aujourd’hui une variété de formules d’études dont certaines sont en partenariat avec d’autres institutions.
Cette première publication s’inscrit également dans le temps liturgique du grand carême, nous rappelant, comme le fait l’Apôtre Paul en 1Co 15,1-8, que le fondement de la proclamation de la foi chrétienne – c’est-à-dire du discours théologique – est de rendre témoignage de la Résurrection du Christ. Dans cette perspective, la théologie possède à un enjeu pragmatique : celui de répondre aux défis propres à chaque époque et à chaque lieu, pour construire une manière de vivre nouvelle, inaccessible à la mort, autrement dit, d’entrer sur le chemin de la sainteté. L’enseignant du cours d’hagiologie, Jean Hamblenne, nous proposera de méditer sur la vie de saints géographiquement proches de nous. Il s’agit, en cette période, de sainte Gertrude de Nivelles, fêtée le 17 mars.
Enfin, ce premier numéro, nous donne l’occasion de revenir sur la bénédiction de la rentrée académique, évoquée par Alexandra de Moffarts.